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La remise du Prix Genferei 2018

Remise de prix

 

La remise du prix Genferei 2018 a eu lieu à la salle de presse de la police genevoise le lundi 2 juillet 2018.

Le comité occulte, ainsi que des représentants de la presse, on été reçu par Monica Bonfanti, commandante de la police genevoise...

... sous l'oeil attentif de deux représentants du corps de police, le major Luc Broch, chef de la police de proximité et le major René Jensik , chef de police secours, ainsi que de Jean-Philippe Brandt chef du service de presse.

 

remise de prix

Discours protocolaire d'accueil par Joël Boissard

 

Madame la Colonelle Monica Bonfanti, Commandante de la police genevoise,
Messieurs les membres de l'état-major,
Mesdames et messieurs le membre de service de presse de la police,
Mesdames et messieurs les membres du comité occulte du très honoré prix Genferei,


remise de prixPermettez moi tout d'abord de souligner que, jusqu'ici, nous sommes enchantés d'être ici avec vous aujourd'hui !
Oui... Vous remarquez que je reste prudent quant à mes pronostics sur le déroulement futur de la cérémonie :
Le constat est vite fait : Nous sommes moins d'une dizaine de frêles journalistes, venus ici à l'hôtel de police pour se moquer (même si c'est gentiment) mais pour se moquer des quelques errements d'une corporation qui compte autour de 2'000 membres, parfois armés, souvent en colère et toujours en délicatesse avec la notre de Corporation.
Dès lors et sans plus attendre j'ai envie de poser une question qui me parait aujourd'hui essentielle... et je me tourne pour cela vers mes collègues : "Qu'est ce qui nous a pris en attribuant la Genfenei 2018 à la police ?"... Suivi de l'interrogation corollaire "est-ce que cette fois, on va s'en sortir vivant ? "
Bon... pour me rassurer ainsi que mes chers collègues, je vais tout de même puiser dans nos statistiques : en 8 ans d'activités, la remise du prix Genferei s'est déroulée sans violences inutiles dans 90% des cas.... enfin... 80% des cas... Euh... en tous cas, chaque fois que l'on ne remet pas ce prix à M. Stauffer, ça se passe plutot bien...
Donc, ici, j'évaluerais nos chances de ne pas finir en cellule à 40-50%... Vu que ledit M. Stauffer doit certainement compter encore quelques amis dans la maison !
Et c'est donc dans un pur instinct de survie couronné d'un soupçon de lâcheté qui me semble tout à fait approprié dans ce cas, que je vais laisser la parole à mon éminent collègue Philippe Bach qui va nous rappeler la glorieuse histoire deux fois millénaire de la Genferei.
Remise de prixPuis, lui-même se défaussera sur le très talentueux Eric lecoultre qui vous remettra le prix Genferei. Un prix qui, je vous le rappelle, consiste en une feuille du marronnier fou de la Treille, séchée et dorée... dont l'assurance de l'éclosion annuelle symbolise à elle seule la certitude millénaire de la Genferei qui se résume par ce mantra, lui-aussi millénaire :"Qu'est ce qui va encore merder à Genève cette année ?"
A la suite de cette remise de prix, ce sera à votre tour de prendre la parole, la fuite ou les armes, selon l'envie du moment.
Enfin, je terminerai en vous rappelant, dans un accès de couardise de bon aloi, que si vous rejoignez le palmarès de la Genferei aujourd'hui, vous le devez aux talents oratoires du sus-nommé Eric Lecoultre : C'est lui qui a vaillamment défendu et remporté votre cause auprès de l'assemblée des journalistes chargée de désigner la Genferei 2018...
Merci de bien vouloir mémoriser son visage s'il vous venait à l'idée de sortir vos matraques à un moment ou à un autre de cette cérémonie protocolaire.

Explication historique de la Genferei par Philippe Bachremise de prix

Genferinen,
Genfer,

Une fois de plus, nous voilà tous réunis en ce prestigieux lieu du Quai des Bromes pour remettre la glorieuse feuille du marronnier fou de la Treille. Celui qui permet d'anticiper la floraison du vrai, de l'officiel végétal annonçant la venue du printemps. Mais pas toujours, il n'en fait qu'à sa tête, il fleurit à contretemps, comme bon lui semble. Comme l'esprit de la Genferei.
Ce qui m'amène à ce point essentiel: mais qu'est-ce donc la Genferei ? Est-il nécessaire de vous l'expliquer, alors que vous vous préparez à entrer dans un panthéon glorieux fait de d'actes manqués, de pataquès politiques, de dérapage budgétaires magnifiques, de jet de verre d'eau qui valent aujourd'hui un exil valaisan bien mérité à son auteur.

La Genferei a été, elle est et elle sera.

  • Rappelons que Genève entre dans l'histoire avec les Commentaires de la Guerre des Gaules de ce vieux Jules. Qui s'empressa de détruire un certain pont sur la rade que nous nous efforçons de rebâtir plus de 2000 ans plus tard.
  • Elle est entrée dans le droit par le cri guttural d'un juge du Tribunal fédéral imperméable au génie créatif du droit genevois. Les cygnes de Mon-Repos se remémorent les nuits sans lune et en frissonnant ce long mugissement mélancolique de l'homme de droit.
  • Elle nous survivra et le trou noir qui engloutira l'univers tout entier devrait en bonne logique démarrer dans le LHC du CERN.

Bravo donc à la police d'avoir à son tour emporté le pompon. Par petites touches impressionnistes. Une montre qui disparaît dans la poche d'un Garcimore par ci. Un kéké intempestif roulé en tapant dans le stash du poste par là. Et par le miracle technique d'un bug amical de l'éthylomètre de service. Sans oublier le prêt anonyme et opportuniste -on est à la limite de la disqualification pour dopage- d'un maillot de service opportunément glissé à l'avocat du dossier par un gendarme à qui on ne la fait pas (ou rendu ronchon suite au vote sur la caisse de pension de la police), ce qui a su faire la différence. remise de prix
Inutile d'en faire trop, à l'instar d'un Pierre Maudet en plein jetlag. Il ne suffit pas d'adopter le comportement tapageur d'un parvenu à la gueule élastique sur les terrasses du domaine de Verbier. Cela serait trop facile. Nous ne sommes pas dupes. Et l'intéressé non plus, soit dit en passant, lui qui a décliné notre invitation à être présent aujourd'hui pour, dixit, «préserver toutes ses chances lors d'une prochaine édition». Ce rendez-vous est d'ores et déjà noté dans nos agendas.

Banzaï, banzaï, banzaï!

remise de prix

 

Eric Lecoultre explique comment il a revêtu le rôle de policier en même temps que le polo aux couleurs de la police, sentant soudain tout le poids de la fonction sur ses épaules.

Eric lecoultre, brillant défenseur de la police, remet le prix Genferei à Monica Bonfanti

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Allocution de la Commandante de la police, récipiendiaire

 

Remise de prixMesdames, Messieurs,
Amis journalistes de Genève et du Monde,


Enfin.

Enfin, votre « comité obscur » a jugé que le moment était venu de nous décerner le prix « GENFEREI ».

Chaque année, depuis 2011, je guette.

Chaque année, depuis 2011, je suis déçue.

Vous aviez choisi, vous, « obscur comité », de primer la Chancelière d'Etat pour de supposés manquements au protocole des obsèques de Monseigneur Genoud, décédé, je le précise. C'était en 2011.

Vous aviez ensuite choisi, vous comité de l'ombre, de récompenser la Conseillère d'Etat Michèle Kunzler pour sa gestion des problèmes de circulation genevois qui n'existent que dans votre imagination. Voilà pour 2012.

Puis, c'est au tour de la Cour des comptes d'être arrosée : une sombre affaire de harcèlement humide entre magistrats a valu à cette institution votre prix prestigieux. 2013 : année de la fraise.

Puis, le vent se lève : les SIG reçoivent votre distinction pour des éoliennes virtuelles. Lauréat appliqué, le DG SIG reçoit avec un sourire crispé votre oeuvre. 2014 ; c'est fait.

En 2015, vous êtes prophètes et, déjà, vous récompensez Eric Stauffer pour sa non‐réélection. La police faisait partie des nominés et, franchement, j'ai été très déçue. Toutes les grèves de l'année nous auraient bien valu ce prix tant attendu.

En 2016, vous choisissez de mettre en lumière le sombre Musée d'art et d'histoire. Admettons. Encore une fois, j'attends et je suis fâchée.

En 2017, pour une fois, je comprends votre choix. Vous primez le Conseiller d'Etat Luc Barthassat QDB pour sa troisième votation relative aux tarifs TPG.

Bref : vous avez de la chance. Beaucoup de chance. D'abord, vous n'avez pas de syndicats de primés déçus à la Genferei qui recourent contre vos décisons arbitraires. Je rêve de pouvoir faire comme vous. Ensuite, vous procédez exactement comme vous voulez en désignant les « avocats » des causes. Pour une fois, un journaliste a été à la hauteur de sa tâche et de l'enjeu. Le caporal Lecoultre, bien que ne portant pas une tenue réglementaire, a rempli scrupuleusement son devoir.


Mesdames, Messieurs,
Amis journalistes de Genève, du Monde et de l'Univers,


Oui, vous avez bien entendu : je vous considère maintenant comme des amis.

D'abord, vous me donnez l'occasion d'excuser le Président du Conseil d'Etat, retenu par d'autres obligations.remise de prix

Ensuite et surtout, 2018 aura été l'année de la consécration tant attendue et tant méritée pour la police. Le caporal Lecoultre nous a bien défendus. Il aurait bien mérité d'être de la police.

Entre nous, je pense que c'est davantage l'ensemble de notre oeuvre durant toutes ces années qui a valu cette récompense. Un peu comme le grand prix du jury du festival de Cannes qui décerne à Jean‐Luc Godard une récompense pour tous ses films.

J'aime beaucoup cette image : la police est à Genève ce que Jean‐Luc Godard est au cinéma. Tout le monde la connaît et personne n'y comprend rien.


Mesdames, Messieurs,
Amis journalistes de Genève, du Monde, de l'Univers et du Cosmos,


remise de prixUn peu de sérieux pour terminer.

D'abord, je suis très fière de commander la police. Je suis très fière du travail que mes policiers accomplissent. Ce sont des femmes et des hommes dévoués qui servent notre pays et notre population. Parmi d'autres, dont vous amis journalistes, ils sont garants d'un droit fondamental : la liberté d'expression. Aujourd'hui, les policiers sont gentiment brocardés. Je tenais à leur rendre hommage en rappelant le célebre proverbe africain « Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse ».

Ensuite : « Le rire c'est bon pour la santé » a dit un célèbre Conseiller fédéral.

Grâce à vous, une parenthèse s'est ouverte et a permis à l'ensemble de la police de rire un peu d'elle‐même. C'est un signe de santé et de vitalité, quoiqu'on en dise, pour notre institution et qui m'expose, comme aujourd'hui, à un exercice de triple salto arrière….

Enfin, comme l'a dit un célèbre humoriste : « L'humour ne se décrète pas, il se construit ».

Continuez, amis journalistes, à nous faire rire, au moins une fois par année.

Merci de votre attention.

Colonel Monica BONFANTI
Commandante de la police

 

Puis elle remet à Eric Lecoultre, qui se voit de facto promu au grade de caporal, un formulaire d'engagement dans la police ainsi qu'un magnifique bouquet de mauvaises herbes fraîchement coupées dans le talus jouxtant les locaux de la police.

 

remise de prix

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Le logo officiel de la police genevoise, le nouveau tout beau, pas l'ancien anachronique qu'Eric Lecoultre portait lors de sa défense.


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